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The living quarters, “factories” of sound production and conservation

ENGLISH

The experiences connected to the hard work in the fields were a hotbed of flamenco creation

Life and living quarters, located in vineyards, farmhouses and farmlands, the living quarters have been the humble provisional home of the day labourer class in the present history of Lebrija. Without amenities, with only the basics to while away the free time during the long and hard seasons of agricultural work, the living quarters
were distributed throughout the Andalusian countryside, exchanging agricultural workforce between Jerez, Utrera and Lebrija. Generations of men, women and children from gypsy and non-gypsy families mingled in these simple and austere spaces, called to be extraordinary witnesses of intimate flamenco connections.

As the living quarters were likewise the place of coexistence and trust, well beyond that of the workplace. At the end of the day labourer’s work in the fields, after an exhausting day under the harsh Andalusian sun or the winter cold, or on those rainy days when the work gangs could not go outdoors, the fiesta would make its appearance.

This was the time for the magical interweaving of experiences and knowledge learned from the elders. The Flamenco legacy of grandparents, parents and grandchildren, devoted to the shared joy of a moment. A vibrant exchange of folk songs and dances around the dim light of a candle, in front of a modest stew and a jug of wine.

The flamenco gathering opened the time of greatness in the voices, of depth in the melody, of rhythm and rhythmic tempo, vehicles of the emotions which expressed both the fatigue and the eternal joy of the revelry. The antipathy of a “debla” (ballad) and the ecstasy of the siguiriya (the most solemn and bleak flamenco style), but also the joy which envelops vernacular folk songs - rich in spiritual expression and musical sense – of the Lebrija bulería (song form)

Perhaps those flamenco performers, were not aware that, with the sacrifice of their work and the joy of the fiesta, they were safeguarding, handing down and jealously preserving certain inherited folk songs, a universal intangible legacy.

Turning that humble dwelling into an authentic “factory” of musical production.

Les « gañanías », de véritables « usines » de conservation et de production sonore

FRANÇAIS

Les expériences liées aux durs travaux agricoles ont constitué une véritable pépinière de création flamenca

Espaces de logement et de vie enclavés dans des vignobles, dans des fermes et sur des sols arables, les gañanías ont été l’humble foyer provisoire de la classe ouvrière dans le présent historique de Lebrija. Sans commodités, juste le nécessaire pour profiter du temps de repos durant les longues et dures époques de travail agricole, on trouvait des gañanías dans toute la campagne andalouse, la main-d'œuvre étant échangée entre Xérès, Utrera et Lebrija. Des générations d’hommes, de femmes et d’enfants de familles gitanes et non gitanes ont cohabité dans ces espaces simples et austères destinés à devenir des témoins prodigieux de certaines connexions flamencas intimes.

Et en fait, les gañanías étaient également des espaces de cohabitation et de confiance, en-dehors du monde du travail. À la fin de la journée de travail ou « peoná » au champ, après un travail exténuant sous le soleil implacable andalou ou sous le froid hivernal, ou les jours de pluie durant lesquels les équipes ne pouvaient pas sortir travailler, la fête s’imposait.

C’était le moment du croisement d’expériences et de connaissances apprises par les plus anciens. L’héritage flamenco de grands-parents, parents et petits-enfants, consacrés au plaisir partagé d’un instant. Un échange vibrant de chants et de danses sous la faible lueur d’une lampe à huile, face à un ragoût modeste et une arobe de vin.

La réunion flamenca était le moment de grandeur des voix, de profondeur de la mélodie, du rythme et de la cadence, transportant le sentiment exprimé par les fatigues et l’éternelle allégresse de la fête. L’amertume d’une debla et l’extase de la seguiriya (deux « palos » ou styles de chant gitans), mais également la joie qui entoure le chant vernaculaire de la buleria de Lebrija, riche en expression spirituelle et en sens musical.

Ces Flamencos et ces Flamencas n’étaient peut-être pas conscients que le sacrifice du travail et le plaisir de la fête leur permettrait de sauvegarder, de transmettre et de préserver l’un des chants hérités, un patrimoine immatériel universel.

Ils avaient transformé cette humble demeure en une véritable « usine » de production musicale.